Les enfants vivant près des sites de recyclage informel d’appareils électroniques sont-ils plus exposés aux risques pour la santé ?
Le recyclage artisanal des déchets électroniques libère dans l’environnement des substances toxiques comme des retardateurs de flamme, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et des métaux lourds. Une étude menée à Bangkok a comparé 60 enfants âgés de 3 à 6 ans vivant près d’un site de recyclage informel à 45 enfants du même âge issus d’une zone sans activité de recyclage. Les résultats montrent que l’air et l’eau autour du site de recyclage contiennent des niveaux bien plus élevés de polluants que dans la zone témoin. Les enfants exposés présentent dans leurs urines et leurs ongles des concentrations accrues de ces substances, ainsi que des marqueurs biologiques indiquant des dommages à leur ADN, une inflammation et un stress oxydatif plus importants.
Les polluants étudiés incluent des composés bromés utilisés comme retardateurs de flamme dans les plastiques, des hydrocarbures issus de la combustion des déchets, ainsi que des métaux comme le manganèse, le nickel, l’arsenic, le plomb et le cadmium. Ces substances peuvent provoquer des lésions cellulaires en générant des radicaux libres, qui attaquent l’ADN et d’autres composants essentiels des cellules. Chez les enfants exposés, les analyses révèlent des taux élevés de dommages oxydatifs à l’ADN, comme l’augmentation de l’ADN oxydé ou nitré, ainsi que des marqueurs de lipides et de protéines oxydées. Leur système immunitaire montre aussi des signes d’activation anormale, avec une hausse des protéines inflammatoires dans la salive.
Les chercheurs ont observé que ces altérations biologiques sont directement liées à la présence des polluants dans l’organisme. Par exemple, plus les enfants ont de composés bromés ou d’hydrocarbures dans leurs urines, plus les marqueurs de dommages cellulaires sont élevés. Ces résultats suggèrent que l’exposition prolongée à ces polluants, même à faible dose, peut augmenter le risque de développer des maladies chroniques plus tard dans la vie, comme des troubles respiratoires, des cancers ou des problèmes métaboliques.
L’étude souligne que la contamination ne provient pas seulement des parents travaillant sur le site, mais aussi de l’environnement lui-même, car les polluants se dispersent dans l’air et l’eau. Les enfants, en raison de leur organisme en développement et de leur comportement exploratoire, sont particulièrement vulnérables à ces expositions. Ces données renforcent l’urgence de mieux réguler les activités de recyclage informel et de protéger les populations vivant à proximité, surtout les plus jeunes.
Sources
À propos de cette étude
DOI : https://doi.org/10.1007/s12403-026-00758-z
Titre : Multi-exposure to PBDEs, PAHs, and Toxic Metals Increased Health Risks Associated with Oxidative Damage in Children Living Around an Electronic Waste Recycling Site
Revue : Exposure and Health
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Panida Navasumrit; Krittinee Chaisatra; Jeerawan Promvijit; Chalida Chompoobut; Potchanee Hunsonti; Thitirat Ngaotepprutaram; Mathuros Ruchirawat